Les producteurs de café brésiliens souffrent de la sécheresse
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La sécheresse extrême de l’année dernière a considérablement affecté la production de café au Brésil. Le producteur de café Tiago Figueiredo arrive tout juste à garder la tête hors de l’eau.

« Calculer et prier, voilà ce qui détermine ma vie en ce moment », explique au téléphone, sans ironie, le producteur de café Tiago Figueiredo (36 ans) depuis sa plantation de São Tomás de Aquino. En raison de la combinaison du gel et de la sécheresse, il a perdu l’année dernière quarante hectares de café, soit un tiers de la production de son exploitation de 120 hectares. « En 2021, nous avons connu une sécheresse très sévère. »
Le Brésil, premier producteur mondial de café, est confronté à une forte baisse de production. Selon l’organisation agricole Conab, la superficie cultivée oscillait autour de 1,75 million d’hectares en 2008, avant de chuter en dessous de 1,5 million d’hectares en 2020. L’année dernière, la récolte de café au Brésil a été inférieure de 25 % à celle de 2020. Pour 2022, une reprise d’environ 16 % est attendue.
Figueiredo a perdu un tiers de sa superficie en 2021. À en croire, il a encore eu de la chance, car ses collègues de sa région, située à la frontière des États de Minas Gerais et de São Paulo, en ont perdu quatre-vingts pour cent. « Ils ont désormais loué leurs terres à des personnes qui vont y cultiver du soja, car ils ne peuvent plus assumer les investissements nécessaires à une nouvelle production. L’hiver approche, et les gens craignent de nouvelles périodes de gel, ce qui signifierait perdre tout leur argent. »
Une entreprise familiale
Figueiredo est issu d’une famille de producteurs de café – « Depuis mon arrière-grand-père » – et prévoit de travailler encore de nombreuses années dans le secteur auquel il est profondément attaché. « Toute la région cultive du café ici. » Mais ces dernières années, les sécheresses persistent plus longtemps et plusieurs périodes de gel intense se sont produites.
Les climatologues attribuent ces changements au réchauffement climatique. Figueiredo, lui, parle de cycles, auxquels les agriculteurs sont confrontés. Une fois tous les trente ans, le malheur frappe et il faut trouver comment garder la tête hors de l’eau.
Dans son cas, cela signifie par exemple qu’il utilise moins d’engrais chimiques afin de réduire les coûts. Mais cela aura des conséquences sur la récolte de l’année prochaine. « Cette année, je vois que les grappes ne sont pas pleines. Normalement, on compte douze à quinze fruits par grappe, maintenant, seulement huit à dix. Je suis très inquiet pour la récolte. »
Des feuilles, mais pas de café
La récolte du café commence les deux premières semaines de mai. Figueiredo explique : « En 2020, la récolte était bonne, nous avions 4 500 sacs de café. En 2021, nous n’en avions que 1 900. Cette année, nous espérons en récolter entre 2 900 et 3 000. Grâce aux pluies récentes, les plantes se sont rétablies de la dernière sécheresse, qui a duré six à sept mois. Elles portent des feuilles, mais elles ne produisent pas de café et ne rapportent donc rien. »
Figueiredo prévoit une grave baisse de la production de café dans son pays à l’avenir. « Mon père et moi sommes allés dans le sud du Minas Gerais pour voir la situation. Là-bas, c’est encore pire. Notre exploitation est située un peu plus haut, au-dessus de 900 mètres, et elle est donc moins touchée par le gel. »
Le professeur José Donizeti Alves, expert en café et affilié à l’Université fédérale de Lavras, prévoit également une récolte maigre en 2023. Selon lui, la sécheresse est un problème plus grave que le gel. Faute de pluie, les plantes produisent moins de fruits, comme l’avait déjà constaté le producteur Figueiredo.
Si les périodes prolongées de sécheresse persistent, les agriculteurs de régions comme le Minas Gerais, où est cultivée la variété arabica du café, seront contraints de se tourner vers une variété moins vulnérable. Celle-ci est toutefois considérée comme étant de moindre qualité : la robusta.





